Volume de 443 feuillets de papier (un seul type de filigrane : Armoiries à trois fleurs de lis posées deux et une proches de Briquet 1741 : Troyes 1470), inscrits sur 2 colonnes de 55 lignes tracées à l'encre et suivant vergeures. L'écriture est une semi hybride régulière d'une seule main.
CONTENU
Il s'agit d'une belle copie du <a href="www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_1932_num_11_1_1371_t1_0167_0000_1" target="_blank">Speculum divinorum d'Henri Bate de Maline</a>.
Henri Bate naît en 1246 à Malines dans une famille bourgeoise aisée. Il reçoit une éducation solide qui nourrit très tôt de vastes intérêts intellectuels et une culture encyclopédique. Dès les années 1270, Henri Bate se passionne pour l’astrologie et vraisemblablement pour l’astronomie, disciplines qu’il a sans doute approfondies à Paris où il poursuit des études à l’Université de Paris. Il obtient la maîtrise ès arts après 1266. Il y entend Thomas d’Aquin et fréquente probablement des compatriotes tels que Gilles de Lessines, Henri de Gand, Siger de Brabant et Bernier de Nivelles. Rien n’indique en revanche qu’il ait obtenu le grade de maître en théologie. Il entre dans les ordres à une date incertaine ; en 1273, à 28 ans, il reçoit son premier bénéfice ecclésiastique. Henri Bate devient secrétaire de Jean II d’Avesnes et précepteur de son frère Guy. À Malines, en 1273–1274, il supervise la traduction, par le juif Chajjim assisté d’Obert de Montdidier, de plusieurs traités astrologiques d’Abraham ibn Ezra. En 1274, après avoir assisté au concile de Lyon, il rédige un traité sur ses améliorations apportées à l’astrolabe et sur son usage (Magistralis compositio astrolabii), ainsi que des tables astronomiques (Tabulae Mechlinienses), qu’il corrigera plusieurs fois. Il obtient un second bénéfice en 1276, probablement au chapitre de Saint-Lambert de Liège. À la fin des années 1280 et en 1290, il apparaît comme chantre et chanoine de ce chapitre. Lors des conflits entourant l’élection de l’évêque de Liège, il accompagne Guy d’Avesnes à Rome ; il demeure ensuite à Orvieto, où il met ce séjour à profit pour poursuivre ses travaux de traduction. Peu après 1280, il compose une Nativitas, autobiographie tournée vers la vérification astrologique des événements de sa vie, et traduit d’autres textes d’Ibn Ezra, qu’il commente.
À Orvieto, en 1292, il poursuit son programme de traduction et d’exégèse des grands traités astrologiques, notamment ceux d’Ibn Ezra.
En 1302, Henri Bate remet à Guy d’Avesnes, devenu évêque d’Utrecht, une importante compilation philosophique. Elle rassemble des extraits de presque tous les grands auteurs grecs, arabes, hébreux et latins connus à la fin du XIIIᵉ siècle. Cette œuvre, d’orientation nettement néoplatonicienne, cherche à concilier les doctrines de Platon et d’Aristote sur les êtres intellectuels — l’homme, les esprits et Dieu — avec une large place accordée à l’anthropologie, couvrant de nombreuses disciplines scientifiques et philosophiques. Il y ajoutera encore des notes jusqu’en 1310.
Sur le dernier feuillet on trouve également sa lettre à Guy d’Avesnes.
DECOR
Un espace a été laissé vide au début du texte, le reste du décor est constitué par la rubrique : Initiales de couleur, intitulé et lettres rehaussées.
RELIURE
Ais de bois, couverts de veau brun , décor de triples filets à froid sur les plats, dos refait au XVIe siècle, veau havane avec décor de palettes à froid sur les mors, dos à 6 nerfs, triples filets à froid en pieds de nerfs et sur les nerfs. Titre sur plat sup. : « Speculum divinorum et naturalium Baten ».
PROVENANCE
Ancienne cote de Saint-Bertin et mention "de Whitte 1607" au verso du f. 442v.
BIBLIOGRAPHIE
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_Verbeke G., « Guillaume de Moerbeke, traducteur de Jean Philopon », dans Revue philologique de Louvain, vol. 49, 1951, p. 222‑235.
_Wallerand Gaston, Speculum divinorum et quorundam naturalium (étude critique et texte inédit), Louvain, Institut supérieur de philosophie de l’université, 1931. p. 27.
_Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT-CNRS), <a href="http://saint-bertin.irht.cnrs.fr/site/php/notice.php?id=Saint-Omer 587 &catalogue=autres" target="_blank">«Notice de Saint-Omer, Bibliothèque d'agglomération du Pays de Saint-Omer, 587 »</a>, dans Stutzmann Dominique (dir.), Saint-Bertin : centre culturel du VIIe au XVIIIe siècle, 2016. ; 15e siècle ; 1470 ; 1499 ; Titre latin : Speculum divinorum et quorumdam naturalium ; Titre latin : Epistola ad Guidonem, comitem ; Cote ancienne : 209 (Saint-Bertin)