Volumle de 205 feuillets de parchemin, inscrits à longues lignes sur 21 lignes tracées à l'encre noire. L'écriture est une semie-hybride moderne régulière d'une seule main.
CONTENU
Ce volume contient une collection de <a href="https://livres-mystiques.com/partieTEXTES/jerome/correspondance/index.htm" target="_blank">20 épitres de Jérôme de Stridon</a> dont la table est donnée sur le dernier feuillets de garde. Toutes portent sur le choix de la vie religieuse et l'idéal ascétique du monachisme.
En outre, sur le dernier feuillet du corps d'ouvrage, comptabilisé comme une garde, et les nombreux véritables feuillets de gardes (8 en tête et 4 en queue), ont été ajouté une grande quantité de texte plus ou moins longs composés ou inscrit par plusieurs moines de Clairmarais qui ont souvent donné leur nom.
DECOR
Chaque texte est introduit par une initiale ornée d'éléments géométriques et végétalisant, colorés dans une palette vive et variée. Leur motif semble directement inspiré des lettres grises que l'on trouve dans les premiers imprimés.
Le reste du décor est constitué par la rubrication : intitulés, et lettres rehaussées.
RELIURE
Veau brun, décor de plaques et double encadrement de triple filets à froid, traces de lacets, dos à 3 nerfs, filets à froid en pieds de nerfs et sur les nerfs. Titre inscrit à l'encre sur la tranche gouttière.
<a href="https://oriflamms.hypotheses.org/1789" target="_blank">Iconographie des plaques</a> : plat sup., en haut : 105 x 65 mm, à gauche, en bas « De profundis // clamavi [ illisible] // domine // exaudi vocem meam » (Psaume 129, 1-2) et, à droite, en bas « Omnia si perdas // famam servare memento // qua semel // [ illisible] ». plat sup., en bas : ca. 109 mm x 73 mm, à gauche, en bas : « Confitebor // [illisible] // [illisible] // audisti verba oris mei » (Psaume 137, 1) et, à droite, en bas « Nisi dominus // edificaverit domum [illisible] // [illisible] // [illisible, sous les filets d’encadrement] » (Psaume 126, 1). plat inf., en haut : environ 110 mm x 70 mm (les bords sont abimés, la largeur ne peut être mesurée de façon précise), à gauche « ... edificaverit... » (Psaume 126) et à droite, en haut « Confitebor tibi // [illisible] // [illisible] // audisti verba oris mei » (Psaume 137). plat inf., en bas : environ 110 mm x 70 mm, à gauche, en bas « De profundis // clamavi [suite illisible] » et, à droite, le texte est illisible, mais, en sachant les vers attendus, on peut reconnaître « memento » à la fin de la ligne à gauche. Titre sur la tranche de gouttière : « 20 ep(isto)le Jero(nim)i ».
PROVENANCE
Tous les noms qui apparaissent dans ce volume sont ceux de moins de Clairmarais :
_f. Av : « Bouviny ».
_f. Av : « Ex dono domini Ludovici Hertaldi » + Armoiries symboliques apparaissant deux fois : écu avec lettres « f » (frater) « h » avec haste barrée (Hertauld) par un « L » , parfois aussi « l » entre "f" et "h" (Louis), avec crosse abbatiale.
f. Br : « Soli Deo honor. L. Hertaldius abbas. 1544 obiit »
f. Mr : Armoiries symboliques apparaissant trois fois : écu avec lettres « f » (frater) « h » avec haste barrée (Hertauld) par un « L » , parfois aussi « l » entre "f" et "h" (Louis), avec crosse abbatiale.
Louis Hertauld, trente-huitième abbé de Clairmarais de 1525 à 1544, est entré au monastère vers 1500, et fut rapidement envoyé au Collège des Bernardins à Paris pour parfaire ses études. A son retour, en 1509, il ne tarde pas à être nommé prieur, puis devient abbé en 1525. André Godin a eu l’occasion de mettre en lumière le petit cénacle humaniste de Clairmarais, à travers son étude du ms. 378 de Saint-Omer. Ce volume contient en effet la correspondance de plusieurs moines de Clairmarais, dont Louis Hertauld.
Il témoigne d’un goût prononcé pour les études classiques et d’une véritable pratique d’écriture humaniste en imitation, plus ou moins réussi, des auteurs de l’Antiquité.
On retrouve son ex-libris dans le <a href="https://bibliotheque-numerique.bibliotheque-agglo-stomer.fr/idurl/1/21952" target="_blank">ms. 356 bis</a>, dont la mise en page est très similaire à celle de notre manuscrit, et dans quatre imprimés portant l’ex-libris d’Hertaldius :
inv. 409 : Psalterium sextuplex Hebraeum, Paris, Sébastien Gryphe, 1530 ;
Inv. 989 : Speculum principum, Paris, Galliot du Pré, 1530 (on retrouve aussi dans ce volume le nom de Philippe Hilsi de Hasselt présent dans le manuscrit qui fait l'objet e cette notice) ;
Inv. 2863 : Chronicum abbatis urspergensis…, Strasbourg, Kraft Müller, 1537 & De vita moribus ac rebus praecipve adversus Turcas, gestis, Georgii castrioti…, Strasbourg, Kraft Müller, 1537 ;
Inv. 4747 : Chronicon quod Hieronymus presbyter divino ejus ingenio latinum facere…, Paris, Henri Estienne, 1518; où l'on retrouve également le nom de Louis du Taillis, dit Talesius (15..-1582), prieur de Clairmarais puis abbé.
_f. Er : « Alardus Drogheresius.1560. », moine de l'abbaye de Clairmarais, mort le 4 novembre 1564 d'après T. Duchet
_f. Br : « Taillis. Confide et ama. »
f. 205v : « Taillis. Confide et ama. 1560 » Mention à l'encre rouge, identifiée à l'encre brune au XVIIIe siècle : « D. Lud. du [Taillis] prior Clarimarisci »
f. Iv : « Discite omnes. 1560. Ludovicus Talesius hæc utcumque sic gallice reddidit » (De la même main que la mention du f. Kr)
f. Jr : « 1560 » (De la même main que la mention du f. Kr)
f. Kr : « Taillis. 1560 »
_f. 1r : « Epistolae beati Hieronimi presbiteri/scriptae a R. D.Ludovico du Taillis Clarimarisci quondam priore ». La mention a été ajoutée tardivement dans la marge sup. et attribue erronément l'écriture à Louis du Taillis, mort en 1582.
Louis du Taillis était prieur de l'abbaye de Clairmarais entre 1577 et 1582.
Lambert Boucquet, moine de l'abbaye de Clairmarais
_f. Gv : « Frater Lambertus Boucquet, 1593 » à la fin ; au bas de la troisième petite pièce du commencement; sur le feuillet suivant.
BIBLIOGRAPHIE
_A. Godin, « Amitiés érasmiennes… », art. cité, p. 85-96 ; id., « Groupements humanistes en Flandre-Artois », dans Histoire du Christianisme. Vol. VII : De la réforme à la réformation (1450-1530), dir. André Vauchez, Marc Venard et Charles Pietri, Paris, Desclée, 1994, p. 639-642.
_Godin, André, « Groupements humanistes en Flandre-Artois », Vauchez, André, Venard, Marc, Pietri, Charles, dir., Histoire du Christianisme, VII, De la réforme à la réformation (1450-1530), Paris, Desclée, 1994, pp. 639-642.
_Cordonnier Rémy, « Les échanges humanistes à Saint-Omer, brève historiographie et pistes de recherche », dans, Baudoux-Rousseau Laurence et Giry-Deloison Charles (éd.), La Renaissance dans les anciens Pays-Bas, XVIe-XVIIe siècles, Aire-sur-le-Lys, Ateliergalerieditions, 2022, p. 69‑78. p. 72
_Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT-CNRS), <a href="http://saint-bertin.irht.cnrs.fr/site/php/notice.php?id=Saint-Omer387&catalogue=st-omer" target="_blank">«Notice de Saint-Omer, Bibliothèque d'agglomération du Pays de Saint-Omer, 387»</a>, dans Stutzmann Dominique (dir.), Saint-Bertin : centre culturel du VIIe au XVIIIe siècle, 2016.
_Dominique Stutzmann (21 mars 2021). <a href="https://doi.org/10.58079/skyu" target="_blank">Reliures à citations bibliques et Jean de Namur (ms. Saint-Omer, BAPSO, 387 ; impr. 409 et 1805). Écriture médiévale & numérique</a>. ; 16e siècle ; 1540 ; 1560 ; Titre latin : Hieronymus, Epistulae