Volume de 214 feuillets de parchemin, inscrits à longues lignes et portées tracées à l'encre rouge. L'écriture est une textualis régulière, on distingue au moins deux mains (jonction entre les f. 111v-112).
CONTENU
Il s'agit d'un "Antiphonaire", c'est à dire un livre liturgique où sont inscrits des antiennes et autres parties de l'office, avec leur(s) notation(s) en plain-chant. C'est un emprunt au latin médiéval "antiphonarium", qui désignait de façon plus générale un recueil des chants de l'année. A l'origine, une antienne est un chant exécuté par deux chœurs se répondant alternativement. Dans la poésie chantée pendant une cérémonie religieuse, cette division en deux camps qui alternent produit l'antiphonie. Dans la liturgie médiévale et moderne, elle désigne plus particulièrement le verset qui introduit ou suit la mélodie psalmodique ou un cantique. On peut aussi doubler l'antienne, c'est-à-dire la répéter après le psaume, on la chante alors en entier.
DÉCOR
Le décor de ce volume est constitué de lettres caddelées : lettre ornée de traits de plume, rehaussées de couleurs ou placées sur des fonds colorés. La coloration n'a pas été terminée, et s'arrête au f. 47v. Le f. 104 a aussi reçu une coloration.
On trouve ensuite une série d'initiales filigranées, parfois émenchées, a partir du f. 134. .
Enfin, le troisième niveau de lettre est constitué de simples initiales de couleur rouges et bleues.
Le décor n'ayant pas été terminé, on trouve différentes niveau de complétude : certaines initiales caddelée ont reçu le dessin d'u décor mais sans couleur, d'autres n'ont même pas de dessins, et par endroit l'espace pour les initiales est resté libre.
On observe un net changement de main dans l'exécution des initiales a partir du f. 154v.
Selon Marc Gil, le style de ces initiales imite celui d'un antiphonaire de la collégiale Notre-Dame de Saint-Omer (alors dnas la collection du député François de Saint-Just (1896-1984) étudié jadis par Georges Coolen. Gil attribue le décor de ces deux manuscrit à Françoise Euchin, religieuse du couvent des Sœurs Grises de Lillers, décédée en 1567.
ICONOGRAPHIE
Il n'y a pas d'iconographie à proprement parler, mais certaines initiales ont reçu un décor figuratif, essentiellement des visages.
RELIURE
Ais de bois couverts de veau brun, double encadrement de triples filets à froid sur les plats, dos à 4 nerfs, triples filets à froid en tête, en queue et en pieds de nerfs, traces de pitons, vestiges de fermoirs et de cornières, traces de boulons, tranchefiles brodées en lanières de peau mégie. Gardes en parchemin de remploi (feuillets d'un antiphonaire contemporain).
PROVENANCE
Mention au verso de la garde volante sup. : « Frere Michel de Larnage prieur de la grande Chartreuse ». Michel Brünier de Larnage, né à Vienne en 1688, est entré à la Grande Chartreuse à l'âge de vingt-deux ans, et y prononça ses vœux en 1711. Quelques années plus tard, il est nommé procureur à la Chartreuse de Prémol ; puis, le 12 janvier 1732, il est nommé prieur de Val Saint-Hugon, en Savoie. Le 10 avril 1737 il est élu prieur de la Grande-Chartreuse et le reste jusqu'à sa mort le 1er octobre 1758, à l'âge de soixante-dix ans.
Cette mention est étrange car rien ne permet d'associer Michel de Larnage à l'audomarois. Nous pensons donc qu'il s'agit d'une mention commémorative de l'accession de Larnage à la tête de la Grande Chartreuse en 1737, inscrite sur ce volume de la main d'un chartreux de Longuenesse. Une autre explicaion serait qu'il a lui-même inscrit son nom dans le volume lors d'un passage à Longuenesse, mais ce lui-ci n'est documenté par aucune source connue à ce jour.
NB : en dehors de cette mention, aucune indication ne permet de corroborer l'attribution de ce manuscrit à la Chartreuse du Val-Sainte-Aldegonde, ainsi on ne trouve pas de cote alors que tous les autres volumes provenant de la Chartreuse du Val-sainte-Aldegonde sont cotés.
BIBLIOGRAPHIE
_Coolen Georges, « Un antiphonaire de la collégiale de Saint-Omer », dans Bulletin de la société académique des antiquaires de la Morinie, vol. 19, 1960, p. 324‑330.
_Gil Marc et Nys Ludovic, Saint-Omer gothique : les arts figuratifs à Saint-Omer à la fin du Moyen Age, 1250-1550 : peinture - vitrail - sculpture - arts du livre, Valenciennes, Presses universitaires de Valenciennes, 2004. ; 16e siècle ; 1540 ; 1567 ; Titre latin : Antiphonarium ad usum Carthusiensium