Volume de 236 feuillets de parchemin, inscrits sur deux colonnes de 50 lignes d'une réglure tracée à la mine de plomb. L'écriture est une textualis régulière d'une seule main dont le colophon nous indique le nom, f. 236v : "Explicit Legenda sanctorum quam Guilliminus de Villaricci scripsit. Deo gratias".
CONTENU
Il s'agit d'une copie de la fameuse Légende dorée de l'archevêque de Gêne Jacques de Voragine. Rédigée entre 1250 et 1280, sans que l'on puisse préciser davantage la date, cette vaste compilation d'histoires des vies et des martyres des saints mêlées d'épisodes de la vie du Christ a connu dès sa parution une grande vogue. Jacques n'est pas l'auteur de ces histoires. Il a compilé des sources antérieures souvent connues de seconde main. Sa Légende dorée a été par la suite considérablement élargie et amplifiée pendant les premiers siècles qui suivirent l'apparition de l'œuvre, qui ne comportait primitivement que cent quatre-vingts légendes alors que certaines éditions du XVe siècle en possèdent quatre cents. Le but de Jacques de Voragine ne fut pas d'ordre historique, mais bien plutôt d'ordre moral : l'élément sentimental et merveilleux constitue l'essentiel des épisodes.
Dominicain, archevêque de Gênes, Jacques de Voragine est né à Varazze, petite ville du golfe de Gênes en Italie. Issu d'une famille modeste, il entra, à l'âge de seize ans, chez les Dominicains et fut nommé, en 1276, provincial de cet ordre en Lombardie. En 1287, alors que les talents de prédicateur de Jacques de Voragine étaient déjà connus, le pape Honorius II l'envoya dans la ville de Gênes afin qu'il tentât de réconcilier les partis ennemis qui s'entre-déchiraient alors en des luttes incessantes, les guelfes et les gibelins. La réussite ne fut pas totale, mais il fut sacré archevêque de Gênes en 1292.
DECOR
Ce volume est orné d'initiales filigranées, dont le décor se prolonge en bandes d'I dans les marges latérales. Le style des filigranes évoque les production parisienne du troisième quart du XIIIe siècle, on u trouve notamment les motifs de "raquettes", le point d'interrogation entre les antennes supérieures, les œufs de grenouilles et les vrilles. Toutefois, le caractère relâché des vrilles des filigranes suggère de pousser la datation au dernier quart du siècle sans pour autant déborder sur le suivant. Cela signifierait que notre copie serait très proche de la période de compilation de la Légende dorée. Elle a très certainement été copié en Italie comme le suggère le nom du copiste, peut-être originaire de Villa Ricci au sud d'Ancône.
RELIURE
Reliure du refaite au XVIe siècle, ais de bois couvertes de veau havane, encadrement à la roulette sur les plats (godrons et candélabres, roulettes que l'on retrouve sur beaucoup de livres du Chapitre tant manuscrits qu'imprimés) ; dos à 5 nerfs, caissons fleuronnés (branche de chêne), titre titre rapportée sur veau blond : "ACTA SANCTORVM".
PROVENANCE
Le motif à trois glands ainsi que les vases godronnés sont typique des reliures des livres du chapitre de Saint-Omer, sans doute de la fin du XVe et du début du XVIe siècle.
BIBLIOGRAPHIE
_Analecta bollandiana, 47-48, 1929, p. 288
_Mnistero dell'educazione nazionale, Bollettino ufficiale, 1939, p. 4253
_Barbara Fleith, Studien zur Überlieferungsgeschichte der lateinischen Legenda aurea, Bruxelles, Soc. des Bollandistes, 1991, (Subsidia hagiographica, 72). p. 270, n° 791 et 270.
_Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT-CNRS), <a href="http://saint-bertin.irht.cnrs.fr/site/php/notice.php?id=Saint-Omer 763 &catalogue=autres" target="_blank">«Notice de Saint-Omer, Bibliothèque d'agglomération du Pays de Saint-Omer, 763 »</a>, dans Stutzmann Dominique (dir.), Saint-Bertin : centre culturel du VIIe au XVIIIe siècle, 2016. ; 13e siècle ; 1270 ; 1299 ; Titre latin : Legenda Aurea