Recueil

Auteur(s)
pseudo-Hégésippe (03..-03..?) ; Fréculf de Lisieux (08..?-08..?)

Manuscrits

volume de 163 feuillets de parchemin, inscrits sur deux colonnes de 39 lignes tracées à la pointe sèche. L'écriture est une protogothique régulière où l'on distingue plusieurs mains. CONTENU Il s'agit d'un recueil de deux texte histoirques, mais qui devaient initiallement constituer deux unités codicologiques différentes. _1°, f. 1v-93v : il s'agite du traite sur les guerres des juifs du Pseudo-Hégésippe, traduction, en 5 livres, librement adaptée des 6 livres du "De bello Judaico" de Flavius Josèphe. Les 4 premiers correspondent aux 4 premiers livres de l'œuvre de Flavius Josèphe, le 5e est un condensé des 2 derniers livres. Elle fut rédigée au milieu du quatrième siècle par un auteur chrétien qui revendique dès le prologue, le statut d'historien et non celui de traducteur, comme le corroborent ses nombreuses digressions. La comparaison entre chaque livre latin et son original grec met en lumière la thèse maitresse du pseudo-Hégésippe : la providence a favorisé l'essor de l'impérialisme romain pour fournir le cadre géopolitique idéal à l'épanouissement de l'œcuménisme chrétien. Au fil des descriptions géographiques, à travers les portraits des juifs et ceux des romains, il affirme sa vision de l'histoire. Il utilise les matériaux de la tradition littéraire profane classique au service de son apologétique. _2°, f. 94-163 : Ce sont les <a href="https://www.arlima.net/eh/freculfe_de_lisieux.html" target="_blank">Histoires des temps anciens</a> compilées dans les années 820, par l'évêque Freculf de Lisieux, qui l'offrit, une fois achevée, comme livre d'école au jeune prince Charles le Chauve. Cette œuvre est la plus grande réalisation historiographique de l'ère carolingienne. Le fait qu'elle s'achève en l'an 609 a suscité de nombreux commentaires et a facilité l'ignorance des Histoires, considérées comme une simple compilation déconnectée des événements contemporains. Pourtant, par le choix et l'ajustement de ses sources, Freculf a utilisé le passé comme un « miroir » pour aborder le présent. Il a élaboré une vision de l'histoire qui a supplanté les mythes politiques centrés sur Rome et, avec bien d'autres choses, il a affirmé avec acuité, pour un lectorat de cour, l'ambiguïté d'Augustin concernant la communauté politique et religieuse au sein d'une res publica chrétienne monolithique. DECOR Le décor du premier texte de ce recueil est constitué d'initiales ornées de deux styles différents qui ouvrent chacun des cinq livres Le premier style (f. 1v, 2, 30, 42, 54v) développe des initiales rouges, évidées, dont le tracé est agrémentée de bagues et de toupies qui évoquent des éléments d'orfèvrerie, tandis que les panses et les déliés sont ornées de rinceaux feuillus et de palmettes qui se détachent sur des fonds colorés en bleu ou en vert. Le style de ces lettres est celui du second peintre du <a href="https://bibliotheque-numerique.bibliotheque-agglo-stomer.fr/idurl/1/1363" target="_blank">ms. 56.</a> L'initiales A qui ouvre le cinquième livre (f. 66v), présente un style complètement différent : l'initiale est dessinée en rouge, sans rehauts de couleurs, et elle est ornée de rinceaux dont certaines portent des grappes de fruit. Au milieu des rinceaux est empêtré un chasseur qui combat un serpent avec une lance, observé par un oiseau au long cou. Ce style évoque un style plus aboutit et un peu plus tardif qui n'est pas sans rappeler celui du <a href="https://bibliotheque-numerique.bibliotheque-agglo-stomer.fr/idurl/1/21852" target="_blank">ms. 71</a> ; mais surtout celui du <a href="https://arca.irht.cnrs.fr/ark:/63955/md117m01dz0f" target="_blank">ms. 19 de Bergues,</a> où l'on retourne la même manière de distinguer le dessin de la lettre en rouge, d'avec les personnages qui l'habitent dessinés à l'encre brune. Les initiales secondaires sont de simples initiales rubriquées, parfois agrémentées de perles et de toupies. Le second texte s'ouvre sur une initiale évidée en espalier, dont la panse est ornée de rinceaux qui se déploient sur un fond rouge et bleu. Le délié se termine par une tête d'oiseaux qui tient dans son bec la tête d'un autre oiseau plus petit posé. Le texte lui-même s'ouvre sur une initiale historiées par al figure de l'auteur. Ces deux lettres sont du même artiste, possiblement celui qui a réalisé l'initiale habitée du f. 66v. F. 105v, 117, 117v, 143, on retrouve le style du second peintre du <a href="https://bibliotheque-numerique.bibliotheque-agglo-stomer.fr/idurl/1/1363" target="_blank">ms. 56.</a>. Les initiales secondaires de cette portion du volume sont alternativement vertes, bleues et rouges, agrémentées de perles de toupies mais aussi de protofiligranes plus travaillés (f. 143v et qui parfois imitent le style le style du second peintre du <a href="https://bibliotheque-numerique.bibliotheque-agglo-stomer.fr/idurl/1/1363" target="_blank">ms. 56.</a>, comme aux f. 151. Ce manuscrit fait partie d'un groupe cohérent de manuscrits (Saint-Omer 2, 3, 29, 79, 187, 189, 194, 718) qui concerne des volumes produits dans la seconde moitié du XIe siècle pour la collégiale. Or cette dernière a été détruite deux fois par des incendies en 1033 et en 1091, ce qui peut expliquer cette production massive de livres, possiblement destinés à remplacer ceux détruits par le feu. Bien que l'on ne sache pas si les chanoines disposaient d'un scriptorium et pratiquaient la copie de livres, ces deux catastrophes à moins de 60 ans d'intervalle suggèrent à tout le moins que leur activité a dû être ralentie par les travaux engagés pour reconstruire l'église. Or à cette même époque, l'abbaye de Saint-Bertin connaît précisément un renouveau culturel, consécutif en partie à deux mouvements de réforme, l'un menée par Gérard de Brogne, abbé entre 944-947, et l'autre par l'abbé Rodéric (1021-1043) appuyé par l'évêque Baudoin de Thérouanne. Il est donc tentant de suggérer que ce groupe de manuscrits a été produit à l'abbaye pour la collégiale, d'autant que certains manuscrits de Saint-Bertin présentent des caractéristiques proches (ms. 775). ICONOGRAPHIE F. 66v : il s'agit d'une dracontomachie traditionnelles, le personnages qui semble empêtrés dans les rinceaux suggère de manière générale la notion de combat, or ce livre s'ouvre sur les description des troubles qui marquèrent le début du règne de Vespasien. Mais rien ne permet d'affirmer qu'il y ait un lien volontaire entre l'iconographie de la lettre et le texte qu'elle jouxte. F. 95 : Un clerc tonsuré tient une crosse dans la main gauche et fait le signe de la bénédiction de la main droite, il est revêtu du pallium, ce qui nous indique qu'il s'agit d'un évêque. Selon toute vraisemblance il s'agit de Freculfe, auteur du texte. RELIURE Refaite au XVIe siècle : ais de bois couverts de veau havane, décor à froid d'encadrement à la palette et à la roulette (vases à godrons et dents de rat), dos à 6 nerfs, caissons fleuronnés à froid, titre et tomaison dorés : *EGESIPPI HIST ECCL MS". PROVENANCE BIBLIOGRAPHIE _Frechulfus Lexoviensis, Frechulfi Lexoviensis episcopi opera omnia. Textus, Turnhout, Brepols, 2002, (Corpus Christianorum Continuatio mediaevalis, 169A). _Frechulfus Lexoviensis, Frechulfi Lexoviensis episcopi opera omnia. Prolegomena. Indices, Turnhout, Brepols, 2002, (Corpus Christianorum Continuatio mediaevalis, 169). _Boutémy André, « Chronique : Notes de voyages sur quelques manuscrits de l’ancien archidiocèse de Reims », dans Scriptorium, vol. 2, no 1, 1948, p. 123‑129. _Derolez Albert, The Autograph Manuscrit of the « Liber floridus ». A Key to the Encyclopedia of Lambert of Saint-Omer, Turnhout, Brepols, 1998, 1 vol., (Corpus christianorum, Autographa Medii aevi, 4). _Natunewicz Chester F., « Freculphus of Lisieux, His Chronicle and a Mont St. Michel Manuscript », dans Sacris Erudiri, vol. 17, no 1, 1966, p. 90‑134. _LOWRY, Susan, New York, <a href="https://www.proquest.com/openview/6b7f56c4b7db822de0e4ce52231d9a62/1?cbl=18750&diss=y&pq-origsite=gscholar" target="_blank">Pierpont Morgan Library, m. 333 and manuscript illumination at the monastery of St.-Bertin under Abbot Odbert (986-ca. 1007)</a>, submitted in partial fulfillment of the requirement for the degree of Doctor of Philosophy in the Graduate School of Art and Sciences, Columbia University, 1993. _Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT-CNRS), <a href="http://saint-bertin.irht.cnrs.fr/site/php/notice.php?id=Saint-Omer 718 &catalogue=autres" target="_blank">«Notice de Saint-Omer, Bibliothèque d'agglomération du Pays de Saint-Omer, 718 »</a>, dans Stutzmann Dominique (dir.), Saint-Bertin : centre culturel du VIIe au XVIIIe siècle, 2016. ; 12e siècle ; 1100 ; 1150 ; Titre latin : De excidio Urbis Hierosolymitanae historiae ; Titre latin : De bello Judaico ; Titre latin : Historiae
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Citer ce document

pseudo-Hégésippe (03..-03..?) ; Fréculf de Lisieux (08..?-08..?). "Recueil," L'Armarium, consulté le 19 août 2026, https://oai.spontaneit.fr/notice/303604.


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Lieu de conservation

Bibliothèque de l’Agglomération du Pays de Saint-Omer

Date ( siècle )

XIe siècle

Date

1100

Langue

Lat

Côte

Bibliothèque de l’Agglomération du Pays de Saint-Omer

Droits

Numérisé par l’IRHT et financé par l’Équipex BIBLISSIMA - observatoire du patrimoine écrit du Moyen Âge et de la Renaissance

Dans le style de...

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