Volume de 224 feuillets de parchemin, inscrits sur deux colonnes de 45 lignes d'une réglure tracée à la mine de plomb. L'écriture est une textualis régulière d'une seule main. Ce volume a été copié d'après un manuscrit parisien lui-même copié à la pécia en 1306.
CONTENU
Le <a href="https://manipulus-project.wlu.ca/index.html" target="_blank">Manipulus florum</a>, œuvre du clerc séculier Thomas d’Irlande (Thomas Hibernicus), dont l’activité est établie entre 1295, quand il devint maître ès arts à Paris, et sa mort avant 1338, est un vaste florilège de plus de 6000 citations essentiellement patristiques. Il fut très populaire auprès des prédicateurs, et largement utilisées par la littérature dévotionnelle du Moyen Âge tardif et de l’époque moderne, et on en compte un grand nombre de manuscrits.
Le texte est structuré en grandes thématiques classées par ordre alphabétiques, et résumée en une table à la fin du volume. On trouve également à la fin du volume une liste des ouvrages dont sont tirées les citations réunies dans le manuel.
D'après Preachers (Florilegia and Sermons, 2000, p. 175-183), les copies du Manipulus florum qui disposent de ce colophon appartiennent à la seconde édition universitaire du texte connue par l'exemplaire à la pecia <a href="https://initiale.irht.cnrs.fr/codex/6999" target="_blank">Paris, Bibliothèque Mazarine ms. 1032 (siglé M)</a>, dont ils sont issus (siglés M dans leur ensemble). Le 1er juillet 1306 correspond à la date où l'exemplaire à la pecia a été achevé. Ce colophon a ensuite été copié dans de nombreux manuscrits de cette filiation. Richard et Mary Rouse (Preachers, Florilegia and Sermons, 2000, p. 95) précisent que les plus anciens copies dont le présent manuscrit, mentionnent Thomas d'Irlande comme un ancien étudiant du collège de Sorbonne.
DECOR
Chaque entrée alphabétique est marquée par une initiale champie filigranée, dont le décor se prolonge en bandes d'I dans la marge , les entrées secondaires sont indiquées par des initiales filigranées simples avec bordes de bandes d'I. Le style de ces filigranes (surcharge de lacets pour les initiales secondaires, raquettes et motif des trois points en triangles, fleurettes ponctuant les antennes supérieures correspond plutôt au style des ateliers universitaires parisiens de troisième quart du XIIIe siècle (1250-1270), témoignant en cela d'un certain archaïsme.
ICONOGRAPHIE
Certaines hastes et hampes à boucles des lignes supérieurs se sont vues agrémentées de petit visages grotesques.
RELIURE
Refaite au XVIIe siècle : veau brun jaspé, tranches jaspées, renforts de cahiers liminaires en parchemin de remploi : un missel de la première moitié du XIIIe siècle.
PROVENANCE
Volume relié aux armes de Benoit de Béthune, et ancienne cote de Saint-Bertin.
BIBLIOGRAPHIE
_Richard H. Rouse, Mary A. Rouse, Preachers, Florilegia, and Sermons. Studies on the Manipulus Florum of Thomas of Ireland, Turnhout, Brepols, 2007. ; 14e siècle ; 1306 ; 1330 ; Titre latin : Manipulus Florum ; Cote ancienne : 157 (Saint-Bertin)
Thomas d'Irlande (v. 1265-1329). "Florilège," L'Armarium, consulté le 19 août 2026, https://oai.spontaneit.fr/notice/302821.